samedi 27 septembre 2014
Soir urbain 421
Une ville le soir
La pluie sur les trottoirs
Des pas sur le macadam
Silhouette fine dans le noir
Entrer et s'asseoir
La lumière du bar
L'inox du comptoir
Un café pour se réchauffer
Et puis un verre aussi
Rester un peu ici
Une table à l'écart
Le bruit des voix
Qui crient qui rient
Un livre ouvert
Qu'elle ne finira pas
Il fait bon ici
Cuir et bois
Gouttes qui perlent
A la vitre, là-bas
C'est l'heure de tous les possibles
Veste enlevée
Elle se sent bien
Tweed et soie
Elle attend peut-être
Un rendez-vous
Quelqu'un
Un mot doux
La nuit, peut-être, sera
Nylon et satin
D'ici le matin...
mercredi 6 août 2014
Le pied
La courbe du pied, toute douce, au-dessus...
La courbe du pied, caressante, en dessous...
De la plante, comme une paume, je te caresse le corps, de bas en haut, de haut en bas.
Le creux du pied épouse la courbe de ton épaule, de ton torse, le galbe de tes jambes, le dessus de tes pieds... Et le bombé de ton sexe, qui s'éveille, en sentant la caresse de tout ton corps...
Des orteils, doucement, je soulève tout ton sexe, je me faufile en-dessous, entre tes cuisses, y glisse le bout du pied... Et je reviens au-dessus, du coussinet doux je touche, caresse, masse et malaxe doucement tes bourses...
Et devant ta tige qui se dresse de plus en plus, je fonds, et laisse le pied pour y mettre les mains, la bouche, et le reste, alouette...
Crédit Image : ADTHEO 2014
jeudi 27 décembre 2012
mercredi 17 octobre 2012
L'un et l'autre...
J'aime ton regard qui me fixe, qui sourit, qui se trouble, qui me trouble... Ton regard de désir sur moi, qui me parle en silence.
Nous nous racontons... n'importe quoi. Les mots ne sont que des prétextes, des touches de couleur, des notes en harmonie, des petites touches de mesure de notre désir en phase...
La tendresse nous prend. Nous nous noyons de baisers, de caresses, de toucher.
Et puis... tu m'entreprends. Tu t'occupes de moi. Tes mains, ta bouche sont partout... Je suis dans un océan de caresses, de douceur, de peau touchée, palpée, cajolée, adulée... Tu te mets en mode serviteur de mon plaisir, tu t'adonnes complètement à me choyer, à me faire ressentir... Et je vibre, je frissonne, j'ondule : mon plaisir me gagne par vagues, vaguelettes et grande houle, déferlantes qui m'arrachent soupirs et cris.... Tu me fais reine, déesse, princesse des mille et une nuits !
C'est joyeux, sérieux et grisant à la fois : je mène la danse...
Et c'est aussi... mon délice et mon plaisir...
dimanche 21 novembre 2010
Sentir
Sentir, au matin, l'air vif en ouvrant la fenêtre.
L'odeur du café*, qui réveille les narines.
*Ou celle du thé, plus douce et plus subtile.
*Ou bien du chocolat, suave, entêtante, sucrée.
*(cocher au choix)
Sentir le pain frais, qu'on craque, croustillant.
Ou le pain grillé, qui nous réveille, définitivement.
Ouvrir une orange, en presser le jus.
Sentir mon corps qui se libère du sommeil. M'étirer, respirer.
Sentir que j'ai faim, et que c'est bon de manger.
Boire chaud, longuement, à petites gorgées.
Sentir ton parfum, dans la salle de bains que tu viens de quitter.
Je le retrouverai ce soir sur toi, moins piquant, adouci et mêlé à ton odeur. J'aime.
Douche et savon, crème douce sur ma peau de femme.
Faire les gestes de tous les jours.
Sortir.
Odeurs mélangées de la rue : gaz d'échappement d'une voiture qui démarre, fumée âcre du feu de bois de la cheminée voisine, livraison de fuel un peu plus loin.
Les odeurs de la vie.
Jour de travail. Saluer les collègues en arrivant. Odeur de café chaud. Une collègue écrase une cigarette avant d'entrer, ses mots sentent la fumée qu'elle vient d'inhaler, cela m'amuse. Odeur des gens, toute la journée : fraîches le matin, un peu moins au fil des heures... Heureux qui ne sent rien ! (?)
Parfums neutres ou discrets des corps soignés, parfums forts ou entêtants des corps maquillés, odeurs âcres des corps négligés ou malmenés.
On s'habitue, on n'y pense plus, on en sourit.
La journée passe, le soir vient.
Entrer chez quelqu'un a toujours une odeur. Chaque intérieur a la sienne, particulière.
Entrer chez soi ne sent rien, ou presque : c'est familier, une sensation d'évidence, on ne la remarque pas.
Embrasser les enfants. Leurs cheveux, leurs affaires sentent le collège, le lycée, le gymnase, le bus, la rue.
Eplucher un oignon. Le couper. Le faire rissoler. Pour le plaisir, pour l'odeur appétissante.
Ajouter les autres légumes, les faire dorer à l'huile d'olive, poivron craquant, aubergine charnue, courgette douce, tomates juteuses enfin. Surveiller et retourner rondelles et quartiers, sentir quand ils ont doré assez leur face au fond des larges poêles à frire. Puis tout mélanger dans un faitout, et laisser mijoter, tantôt à couvert, à feu doux, pour donner du jus, tantôt à feu vif, cocotte ouverte, pour réduire l'eau et garder les sucs. Doser tout ça, tout en préparant une omelette : pas trop battue, un peu baveuse, parfumée.
Le plaisir de ceux qui arrivent dans la cuisine, découvrent les odeurs, devinent ce que c'est. Le plaisir de manger, avec du pain frais, un verre de vin, bonne humeur.
Tu es rentré, et j'ai senti sur toi toute la lassitude de la journée. Ton parfum un peu effacé, ton odeur musquée, salée. Corps à corps habillé, étreinte tendre, pour se retrouver...
Plus tard, après le repas, la détente de la soirée, les corps déshabillés, lavés, mis à l'aise, on s'apaise et on se cherche. Envie de se parler à peu de mots, de se sentir par tous les pores. Ton corps, ta peau : ambrée, de la chair, du bon pain. Envie de la sentir, de la flairer, comme un petit animal. La sentir vibrer, se reposer douce, frémir animée, s'exciter d'être touchée. Odeur de ton désir qui naît, qui vient, qui monte... Effluve de musc et de femme, de mon désir fluide, qui palpite en sa source...
Envie de s'enfoncer dans la nuit et ses parfums...
dimanche 17 octobre 2010
Ecoute
Etre à l'écoute, de tes mots, de tes pensées, de ce que tu dis, de ce que tu vis.
Ecouter ta voix. Et remarquer, soudain ou peu à peu, que son intonation change, imperceptiblement mais je l'entends : elle se fait douceur, elle se murmure tendre, elle me séduit, invitante, rieuse, cajoleuse, interrogative.
Viens ! dit-elle, elle ne le dit pas mais je l'entends bien. Mes antennes se dressent. Tu le sais, tu en joues ou t'en inquiètes : tu veux ? dit-elle, tu veux, dis, jouer avec moi ? réponds-moi... Elle ne le dit pas en mots, mais les mots sont prétexte, le son de ta voix raconte une autre histoire, que celle de ce questionnement qui me cherche...
Je fais celle qui n'entend pas, tout d'abord, je parle à ta tête : je réponds en mots à tes mots. Mais les miens prennent un double sens, s'amusent à être ambigüs, ou font des lapsus, et me trahissent. Mon rire te le confirme. Tu souris, tes yeux rient. Tu sais que je t'ai capté. Tu sais que tu m'as captée ! Ou captivée, ou capturée ? Sait-on jamais.
Les sens en éveil, j'entends alors d'autres sons : le bruit soyeux de tes mouvements quand tu t'approches. Tes mains qui glissent dans mes cheveux, sur mes vêtements. Tes doigts qui se faufilent dessous, sur ma peau, palpent, agrippent, touchent, caressent... Et encore, et encore... S'y mêlent baisers, et mes mains, qui te caressent... Et puis le bruissement sourd de nos mouvements, de nos effusions...
Me vient alors, peu à peu, l'écho de nos soupirs, de nos gémissements : ça vient de l'intérieur, ça prend source en notre désir, en notre plaisir qui grandit, qui se vit, qui se dit, qui se lâche. Nos corps font percussion, au rythme de notre danse, de ses pas de deux... Nos souffles se mêlent, se syncopent, se retrouvent... Et puis ils s'étirent, en un long cri rauque, échappé à la nuit.
C'est l'heure où tout est silence... Nous l'avons rompu.
Et nos corps, rompus, y retournent...
samedi 2 octobre 2010
Toucher
Ton regard me touche
Et tu sais qu'il fait mouche
Quand tu me regardes comme ça
Tu sais que je ne résiste pas
Car tes yeux ont invité les mains
A une caresse sans fin
A une danse sur ma peau
Qui me fait plonger sous l'eau
Sirène au corps soyeux
Je n'y vois plus que du bleu
N'arrête pas de me caresser
N'arrête pas de me toucher
Je flotte et j'ondule
Princesse, libellule
Tes mains glissent et dansent
Et plus rien en moi ne pense
Je ne suis plus qu'un corps qui vit
Qui largue les amarres, et qui crie !
dimanche 12 septembre 2010
Regard
Le regard s'élève, puis s'étend.
Là l'horizon est de terre, et végétal, ondulé, sombre, vert et bleu, proche et loin, avec des hauts et des bas, plusieurs plans, des ombres.
Ici l'horizon est d'eau, infiniment rectiligne, uni, bleu clair ou presque blanc, éclaboussé de lumière, avec des reflets, quelques vagues.
Bonheur des yeux de passer de l'un à l'autre.
Mais de la balade à la baignade, changer de décor, c'est aussi, concrètement, changer de tenue : enlever chaussures et vêtements de randonnée, pantalon léger bien pratique pour crapahuter dans le maquis, et enfiler maillot de bain et petite robe de plage, montrer la peau que l'on cachait...
Si l'on est pudique, l'opération est délicate : pas de cabine de bain sur ces petites plages peu aménagées !
Mais après tout, que risque-t-on ? Ayant répondu « rien » à cette question sans importance, je décide de laisser la pudeur excessive de côté pour les vacances. Donc, effeuillage tranquille, à l'aise, sans exhibition parce que tout de même, hein, mais sans gêne, parce que, en fait, je ne vais pas m'embêter pour si peu.
Alors une vague haie, même mince ou clairsemée, une portière de voiture, illusoire protection, avec sa vitre, tout cela suffit à me faire un paravent, et voilà.
Ce jour-là, je me déshabille entre la portière ouverte et une haie de feuillage peu fourni, qui bouge au vent léger... Pantalon et tee-shirt enlevés, je change de culotte pour enfiler le maillot, puis j'ajuste le petit haut, et une robe courte, à fines bretelles, pour aller sur la plage. Je suis seule : les miens sont un peu plus loin déjà, pour les hommes l'opération est brève ou inexistante, maillot et short conviennent à tout...
Je ferme la voiture, j'emporte sac et drap de bain, en direction de la mer. Je sens le soleil sur mes épaules, j'adore ! Je souris...
Derrière la petite haie, je croise un homme, vaguement affairé auprès d'un véhicule, mais qui me regarde avec un sourire... un peu insistant. Je lui souris rapidement, et je passe, l'air de rien...
Mais j'ai chaud tout à coup, je me sens rougir : m'aurait-il vue ?
Je ne le saurai jamais, et c'est très bien ! Mais l'idée m'a fait sourire, rougir un moment...
Fin d'après-midi sur la plage. Je suis sortie de l'eau et je paresse, me sèche au soleil. Il y a quelques baigneurs encore, et quelques personnes qui repartent. Pas loin de moi, une femme se déshabille. Je la regarde. Elle a enlevé le haut de son maillot. Elle a de jolis seins. Je lui souris. Elle me voit, me sourit. Il me semble qu'elle prend bien le temps pour remettre et ajuster sa robe... comme pour se laisser admirer.
Deux instants de complicité fugitive... Ou les ai-je rêvés ?
En plein jour, peut-être...
Mais la nuit suivante, j'ai rêvé de cette femme, et de ses seins !


