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samedi 27 septembre 2014

Soir urbain 421

C'est beau
Une ville le soir
La pluie sur les trottoirs

Des pas sur le macadam
Silhouette fine dans le noir

Entrer et s'asseoir
La lumière du bar
L'inox du comptoir
Un café pour se réchauffer

Et puis un verre aussi
Rester un peu ici

Une table à l'écart
Le bruit des voix
Qui crient qui rient
Un livre ouvert
Qu'elle ne finira pas

Il fait bon ici
Cuir et bois
Gouttes qui perlent
A la vitre, là-bas

C'est l'heure de tous les possibles
Veste enlevée
Elle se sent bien
Tweed et soie

Elle attend peut-être
Un rendez-vous
Quelqu'un
Un mot doux

La nuit, peut-être, sera
Nylon et satin
D'ici le matin...

mercredi 20 août 2014

Des ronds dans l'eau


"Quand mes désirs reviennent bien avant toi..."

Quand mes envies de fantaisie ne sont que folies
Quand mes initiatives font flop
Des ronds dans l'eau longtemps...

Envie de me laisser couler
De lassitude et de honte
De tant de rien...

Je me demande d'où revient la force,
Et comment,
Et si elle revient tout le temps
De se relever, poursuivre
Oublier
Et retrouver la légèreté...

mardi 8 avril 2014

Pourquoi tant de haine ?

Il faut avoir de l'indulgence avec son corps.
Après un long parcours de doutes, complexes et questions sur ses imperfections, sur ses défauts et faiblesses, j'en suis arrivée à cette réflexion en forme de conclusion :
s'arrêter à tout cela est une perte de temps, d'énergie, de bien-être... et finalement de plaisir !
L'habiter avec indulgence et tendresse, est la meilleure manière de le vivre avec bonheur.

Cela peut commencer par les autres. Car l'indulgence envers les imperfections des autres est relativement facile : on les croit toujours plus chanceux, mieux lotis, sans soucis.
Telle ligne est si belle chez toi, et toi tes cheveux sont si bien, et toi ta peau, ton nez, et toi tes mains, tes seins, et toi ton sexe !
Je trouve du charme même à ce qui est imparfait chez toi, chez l'autre, tout me paraît acceptable.
Et j'admire et j'envie ta forme, ton assurance, ton énergie, ton aisance, tes succès !
Mais j'ignore tes doutes, tes questions, tes troubles ou ennuis de santé, tes complexes, tes régimes, tes blessures, tes souffrances, tes non-dits...
Alors, je me suis frotté les yeux, et j'ai regardé autrement, toi, moi, humains imparfaits, dignes d'indulgence, de tendresse, et de désir.
Avec lucidité, réalisme, je sais ce qui me va, ce qui me réussit ou non, à manger, à faire, à porter...
Et le reste, je fais avec. Et je me présente à toi telle que je suis, heureuse de vivre et d'habiter ce corps-là.
Et je vois ton charme, je remarque le soin, les attentions que tu prends, envers toi, envers moi.
Et surtout, ce qui émane de toi, l'étincelle de ton âme, ton sourire intérieur.
Et le sourire me prend. 
Et la tendresse. 
Et le désir...
Je me sens bien avec toi. 
Bien tout court. 
Bien dans mon corps alors !
Comment ai-je pu en douter ?

Alors, j'ai pris le parti de vivre ce corps sereinement, librement, joyeusement.

 ...

samedi 15 juin 2013

Des questions comme ça...



Parfois, quand ça me prend, je me pose des questions, comme ça...

La libido n'est pas linéaire, la sexualité pas un long fleuve tranquille. Il y a des accalmies, et puis des accélérations, des déclics, des surprises, des portes qui s'ouvrent où on ne s'attendait pas... Je vois ça comme des seuils, des paliers, plutôt ascendants d'ailleurs.

Cette année-là, par exemple, quand nous avons décidé de nous marier... Je pensais pas fantasmer tellement sur le mariage, ni croire au prince charmant ! Mais...tu m'as fait princesse, et ça m'a exaltée. Tu étais celui qui m'offrais ça... En me faisant ta femme, tu m'as refaite femme. Cette perspective... liante, m'a libérée ! De quoi, je n'en sais rien... Mais je sais que mon plaisir est devenu plus profond, plus énorme, plus étonnant alors... Plus vaginal peut-être. C'est étrange...

Bien plus tard...
Cette nuit-là, hiver ou été je ne sais plus, je ne sais pas ce qu'il y avait dans l'air... Je t'ai provoqué, tant et si bien, que tu n'y tenais plus, tu m'as prise avec tant de fougue, nos audaces et plaisirs décuplés, que je ne me reconnaissais pas...

Ce jour-là, je ne sais plus quand, une autre fois, j'ai pris les rênes (et ta ceinture), et...peut-être bien que tu ne me reconnaissais pas....

Je me demande si ces paliers de plaisir nouveau, ces déclics de mon corps, sont toujours en lien avec un moment sentimentalement, émotivement fort ? Je n'en sais rien.
Il me semble que j'en ai eu aussi pour des raisons purement physiques, par des découvertes de pratiques au hasard des envies...

Je me demande si tout le monde ressent ça, ou si c'est moi qui coupe les cheveux en quatre ?

Je me demande si c'est ressenti plus par les femmes, dont on dit que la sexualité est plus complexe ?

Enfin, parfois, quand ça me prend, je me pose des questions, comme ça...
Et vous ?

samedi 11 mai 2013

ça me dit


Ça me dit... que ça me parle !
Vais voir le bonhomme, vous dirai si en live le trouble est aussi présent. :)

Ah ces Suisses, (j'en vois 3* ce week-end), quel charme...
(réflexion perso)
(*non je ne fais pas les soldes !) ;)


jeudi 7 mars 2013

Question


Mon optimisme immense n'a d'égal que mon désespoir infini.
L'urgence de vivre / la finitude implacable.
L'envie, le plaisir de tout / l'ennui, le doute de tout.
L'espoir insolent, sans nom /  la lucidité de la vie...

Mais, par-dessus tout : la joie, la passion, la gourmandise de vivre !

Tout ça en même temps, tout le temps.


Y'a que moi, ou vous aussi ?



(photo du net)

mercredi 27 février 2013

Filles et femmes


Sans violence ni obsession, tout en douceur mais avec une obstination étonnante, le charme de certaines filles, de quelques femmes, parfois, me trouble.

J'aimais regarder Sylvie marcher : la démarche de Sylvie était souple, ondulante comme une danse, elle semblait planer au-dessus du sol, comme un souffle...
J'aimais son indépendance fière, ses pieds abordaient le sol comme elle la vie, sans peur, avec confiance, sûre d'elle et de son charme si original.

J'ai aimé Sophie, son sourire, ses joues, sa peau, douce comme du velours, ses bises gourmandes, son rire clair qui s'en amusait, étonnées que nous étions, et ravies, de cette émotion.
L'ombre du désir, alors, n'était pas loin... mais elle est restée tapie, puis s'est évanouie.

J'aimais Marie, son esprit, sa poésie, son humour, son désespoir parfois... son âme passionnée et sensible. Son teint de porcelaine, transparent. Son rire lumineux. Sa finesse, en tout. Elle se trouvait trop ronde. Et moi j'adorais ses rondeurs discrètes, que j'imaginais moelleuses...

J'aimais l'assurance de B. Cette femme me fascinait. Moi jeune fille timide, j'admirais son assurance : mon double rêvé ! Grande, brune, très mince, les traits anguleux, artiste, passionnée, passionnante...
Elle était juste ma prof.
Et moi j'étais au spectacle, groupie, je buvais ses paroles !

Plus près, plus troubles, la douceur de l'une, la sensualité d'une autre, la tendresse ou la vivacité d'une peut-être complice, m'ont émue, charmée, troublée... Sans y toucher.

Toucher... Un sein...

Un fantasme en filigrane, qui est là, puis s'efface, puis revient...

Un fantasme plein de possibles.

samedi 26 janvier 2013

Mais...

D'un autre côté...
Je sais que tu aimes
Tu sais que j'aime
Prendre les choses en main

Je mène la danse
Et tu me suis
Je te guide
Et tu m'emboîtes le pas...

J'aime t'emmener
Te surprendre
Par moi
Par toi

Je prends la main
Tu prends ton pied

Je prends les rênes
Et suis ta reine

Et te voici
Soumis
À mon désir
À ton plaisir...

Où cela nous
mènera-t-il ?

...
sourire
...

lundi 14 janvier 2013

Parfois...


Je sais qu'on compte sur moi
Tellement
Je sais que c'est à moi de faire...

Je les aime, tous...
Je suis ravie de faire pour...
Heureuse de faire tout cela...

Mais parfois
J'aimerais juste
Ne pas faire, ne rien dire
Et me laisser prendre en mains...

Des mains douces et sûres
Qui savent où elles me mènent

Des mains qui font
Des mains qui jouent
Et me promènent
Me guident, et puis m'emmènent...

Juste
Parfois...

jeudi 27 décembre 2012

Or


L'intérieur de mon ventre
est une coupe emplie
d'ambre liquide
de miel blond
d'or en fusion
soyeux et fluide
 Sa chaleur me remplit
m'envahit
m'inonde de vie

 Même si
Parfois
je l'oublie

dimanche 21 octobre 2012

Et pour vous ?



Faire l'amour ou baiser,
se donner ou s'abandonner,
prendre ou conquérir,
du sexe ou le plaisir de la chair,
pour vous, c'est quoi ?


Un désir animal, une pulsion de vie...
Un plaisir joyeux de gourmand ou gourmet...
Un bonheur à prendre quand il se présente...
Une victoire à conquérir...
Des sensations violentes ou raffinées...
L'aboutissement de la tendresse jusqu'à son terme...
Le langage des corps au-delà des mots...
Un moyen de communication...
Un mode de relation...
L'expression de l'amour...
Les corps qui exultent...
Un cadeau qu'on donne, qu'on se donne, qu'on nous donne...
Un don, un échange...
Une bulle d'espace-temps où l'on est soi-même...
Un passage obligé...
Le devoir conjugal...
Un mystère toujours renouvelé...
La fête des corps...
Une célébration mystique ou païenne...
Un acte d'abandon, d'appartenance, de soumission...
Un acte de pouvoir, de maîtrise, d'emprise, de domination...
Un jeu qui se joue à deux...
Plusieurs jeux...
Une danse aux chorégraphies toujours à inventer...


Pour vous, c'est quoi ?

lundi 15 octobre 2012

Je sais

 
Tes soucis... je sais
Ta fatigue... je sais.
Ta maladie... je sais.
Ta petite forme... je sais.
Tes idées sombres... je sais.
Tes envies de rien... je sais.
Tes questions, tes insomnies... je sais.

J'écoute, j'entends, je comprends... j'essaie.
Mais tu sais... C'est trop dur, parfois !
Etre un être asexué... je ne sais pas faire.
Je ne sais pas.

Et puis certains soirs...
La tendresse vient, et nous submerge,
et nous console de tout !
Et le désir, comme un cadeau...

samedi 13 octobre 2012

Fantasme VOUS

Vous quittez la soirée en même temps que moi. Sur le trottoir, nos pas s'éloignent : vous partez à l'opposé de ma direction.
Vous avez glissé un mot, un message dans ma main . Des consignes. Je fais exactement ce que vous y avez écrit : je tourne à droite, à droite, encore à droite.
Ainsi, je me retrouve un peu plus loin sur le même trottoir... que vous, qui m'y retrouvez.
Vous prenez mon bras pour m'emmener.
Je vous suis...

Fantasme TU

Je prends un bain. L'eau est douce, je me détends...
Tu entres dans la pièce. Tu apportes des bougies allumées. Tu éteins la lumière trop vive.
Nous voici dans une douce lueur, avec la vapeur du bain, presque comme un hammam, rien que pour nous deux...
Tu enlèves tes vêtements.
Tu entres dans le bain...
C'est une douceur d'eau, une douceur de peau...
Je fonds....

vendredi 4 mai 2012

En mai...

J'aime ta tendresse
quand elle me berce
quand elle m'enlace
qu'elle me délasse
qu'elle m'emporte
et me transporte
Que je m'y glisse
avec délices

J'aime ton désir
terrible
irrésistible
Ta hampe fière
tranquille
superbe

Tu as parcouru
mon corps
t'en es repu
encore et encore

Tu m'as fait vibrer
frissonner
onduler
gémir
et jouir

Et tout ce temps
ton corps se tend
ton corps me prend
ton corps attend
attend de tout son désir
attend mon bon plaisir
pour ton délicieux plaisir

O vertige
de ta tige
Envie
de vie...


S'il te plait
fais ce qu'il me plaît
fais ce qu'il te plaît !





mardi 14 février 2012

Oser...

Oser... soutenir ce regard, de braise et de tison,
qui se dit sans mot, qui n'a pas de nom.
Oser... laisser vivre l'idée, de nos corps qui se touchent,
qui se découvrent, qui se couchent.
Oser... rêver de rendez-vous,
de gestes et de mots fous, envie de nous.

Oser... allonger les jambes vers vous,
décroiser les genoux,
comme m'offrant à vous...
Oser... vous passer un mot doux,
sans équivoque un mot fou...

Oser... glisser ma main dans la tienne,
afin que tu la prennes...
Oser... les mots qui me viennent,
sans que je les retienne.

Oser... me sentir libre, offerte, entière,
être tienne, en être fière.
Oser... frémir que tu me touches,
de la main, de la bouche.
Oser... vibrer de ton désir,
de ton plaisir, de tout ce qui t'enivre...
Oser... prendre mon plaisir,
vivre mon désir, ivre et libre.
Oser... loin et près être proches,
sans peur et sans reproches.
Oser... de baisers en caresses,
de plaisir en ivresse,
oser... la tendresse.

Et peut-être, laisser venir,
même pas peur de voir grandir,
s'entêter, s'épanouir,
entre les ondes de plaisir,
les mots sans dire, les doux délires...
oser... l'amour.

Cet élan vers toi,
pour toi,
conscient
et inconscient...

Oh, mais le vivre léger, toujours...
Même si... c'est du lourd !

dimanche 27 novembre 2011

Nuit de lune




C'était...
une nuit de métal, minérale,
entre automne et hiver.
C'était...
une nuit de lune pleine,
rond halo de satin blanc.
Dans la chambre, nous n'avons pas regardé
sa pâle lueur à la fenêtre...
Nous avons noué et dénoué nos mains,
touché et caressé nos corps,
encore et encore,
dans la chaleur de nos baisers.
Vêtements déposés, nous avons esquissé,
nous avons cherché, puis trouvé
les pas de cette danse,
un corps-accord intense,
coeur à corps, en ivresse,
en folie, en tendresse...
Ô la douceur inclassable, inlassable, de la peau !
Nous avons joué de peut-être
nous avons joui d'être...
Gourmands de nos corps
comme du bon pain,
nous avons dansé, dévoré encore
et valsé, et goûté, sans fin...

C'était...
une nuit de celles qu'on n'oublie pas,
mon amour.



mercredi 12 octobre 2011

Limbes

Dans les brumes de mes pensées
les limbes de mon cerveau
quand les idées ne se font pas encore
ou plus très bien
entre veille et sommeil
songe et réveil
fatigue et langueur
nuit et petit jour
après tellement d'heures
ou avant que sonne l'heure,
l'esprit comme enroué
la conscience ensommeillée

Quelque chose de profond
vient de moi tout au fond
s'insinue dans le réel
et tient mon corps en éveil

Le désir
ténu
têtu
insolent
libre et ardent
fluide et infini
de lui

dimanche 9 octobre 2011

Double

Femme fille sage
femme calme
raisonnable

La nuit venue
largue les voiles
et se mue

Femme femme flamme
sans entraves
femme nue
femme animale

jeudi 29 septembre 2011

C'est beau une ville la nuit

 
Je suis allée en ville pour chercher quelque chose à manger : je pensais faire vite et rentrer.

Et puis, dehors, le soir était doux et tiède, et l'ambiance de la ville m'a prise : quelques passants esseulés, femmes pressées, jeunes gens s'attardant aux portes. Et des groupes d'étudiants, certains déguisés, chantant, riant : des rites d'intégration de début d'études, sans doute...

- C'est pour manger ici ou pour emporter ?

Je suis restée là pour manger, à un tabouret haut face à la rue, entre salle ouverte et terrasse.

Il y avait peu de monde, seule à cette table, je savourais l'instant autant que mon plat.
Je regardais la vie. C'est une expérience publique et intime à la fois, d'être là, de ne pas être cachée, d'être au milieu des gens, et de vivre un bout de leur vie, d'en être témoin, de la ressentir comme secrètement.

Dehors, une jeune femme fumait et téléphonait : elle attendait sa commande. Elle était mince, jean noir serré, veste courte près du corps, cheveux châtain attachés librement, une allure naturelle mais quelque chose de très beau : la silhouette, fine, féminine, ou les gestes, gracieux ? Je ne sais pas. Elle devait sembler comme je la voyais, délicieuse, on avait envie de faire quelque chose pour elle : je me disais que j'aimerais bien qu'elle m'aborde, me parle, ait un service à me demander. Mais... sa commande était prête, la serveuse est sortie la lui remettre ; elle est partie.

Je suis sortie aussi. J'ai marché, marché... Je suis allée à la place, prendre l'air du soir.

Je croisais des conversations : deux jeunes gens très affairés, parlant fort, joyeux : "Et alors... après ça,... on a fini la soirée chez des gens qu'on ne connaissait pas ! "

Une femme, au téléphone : "Allô, Sophie ?"
Mais Sophie n'avait pas l'air d'être là, vu le visage de la femme.

Un jeune homme très beau, à une porte cochère : grand sourire, parlant haut et distinctement, puis riant : "J'ai oublié ma clef !"

Je goûtais le plaisir de marcher seule dans les rues, dans la nuit.

La place est belle, le soir, avec ses sons feutrés, ses lumières.
C'est le rendez-vous des duos, des groupes, des solitaires flânant...
Et j'en étais.

C'est beau une ville la nuit.