dimanche 12 décembre 2010

Présentation


Merci à l'Eronaute pour sa jolie présentation de mon blog...

Allez voir en ses pages : il en présente d'autres, bien intéressants.
Et puis ses histoires : embarquez, ça vaut le voyage !

mardi 30 novembre 2010

Simplement


C'était un besoin profond de détente, ce jour-là. Et nous baigner, nager, flotter dans une eau chaude, bienfaisante, nous a ressourcés. Une heure hors du temps, entre bulles et jets, à jouer du contact de l'eau sur nos peaux, à flotter, à nous frôler, à sentir nos corps se délasser, se retrouver...

Un moment plus tard, un peu plus loin, je renoue avec le sauna, qui me régénère, me donne chaud, me fait la peau si douce...
Je suis seule et je sue doucement, laissant ma conscience flotter dans une semi-torpeur...
A un mètre ou deux, dans cette cabine de bois, un homme est là, dans la même sensation sans doute. Je l'aperçois du coin de l'oeil. Il ne bouge pas, sauf pour allonger un peu plus son corps, lentement, s'étirer. Il est noir, ou métis. Je vois sa peau brune, très lisse, qui luit un peu.

Et à ce moment j'ai pensé : que les choses sont compliquées ! Moi, j'aurais juste envie de le toucher, simplement... Sentir sa peau lisse, infiniment, sous ma main... Simplement.

dimanche 21 novembre 2010

Sentir


Sentir, au matin, l'air vif en ouvrant la fenêtre.

L'odeur du café*, qui réveille les narines.
*Ou celle du thé, plus douce et plus subtile.
*Ou bien du chocolat, suave, entêtante, sucrée.
*(cocher au choix)
Sentir le pain frais, qu'on craque, croustillant.
Ou le pain grillé, qui nous réveille, définitivement.
Ouvrir une orange, en presser le jus.

Sentir mon corps qui se libère du sommeil. M'étirer, respirer.
Sentir que j'ai faim, et que c'est bon de manger.
Boire chaud, longuement, à petites gorgées.

Sentir ton parfum, dans la salle de bains que tu viens de quitter.
Je le retrouverai ce soir sur toi, moins piquant, adouci et mêlé à ton odeur. J'aime.
Douche et savon, crème douce sur ma peau de femme.
Faire les gestes de tous les jours.
Sortir.

Odeurs mélangées de la rue : gaz d'échappement d'une voiture qui démarre, fumée âcre du feu de bois de la cheminée voisine, livraison de fuel un peu plus loin.
Les odeurs de la vie.

Jour de travail. Saluer les collègues en arrivant. Odeur de café chaud. Une collègue écrase une cigarette avant d'entrer, ses mots sentent la fumée qu'elle vient d'inhaler, cela m'amuse. Odeur des gens, toute la journée : fraîches le matin, un peu moins au fil des heures... Heureux qui ne sent rien ! (?)
Parfums neutres ou discrets des corps soignés, parfums forts ou entêtants des corps maquillés, odeurs âcres des corps négligés ou malmenés.
On s'habitue, on n'y pense plus, on en sourit.

La journée passe, le soir vient.
Entrer chez quelqu'un a toujours une odeur. Chaque intérieur a la sienne, particulière.
Entrer chez soi ne sent rien, ou presque : c'est familier, une sensation d'évidence, on ne la remarque pas.

Embrasser les enfants. Leurs cheveux, leurs affaires sentent le collège, le lycée, le gymnase, le bus, la rue.

Eplucher un oignon. Le couper. Le faire rissoler. Pour le plaisir, pour l'odeur appétissante.
Ajouter les autres légumes, les faire dorer à l'huile d'olive, poivron craquant, aubergine charnue, courgette douce, tomates juteuses enfin. Surveiller et retourner rondelles et quartiers, sentir quand ils ont doré assez leur face au fond des larges poêles à frire. Puis tout mélanger dans un faitout, et laisser mijoter, tantôt à couvert, à feu doux, pour donner du jus, tantôt à feu vif, cocotte ouverte, pour réduire l'eau et garder les sucs. Doser tout ça, tout en préparant une omelette : pas trop battue, un peu baveuse, parfumée.

Le plaisir de ceux qui arrivent dans la cuisine, découvrent les odeurs, devinent ce que c'est. Le plaisir de manger, avec du pain frais, un verre de vin, bonne humeur.

Tu es rentré, et j'ai senti sur toi toute la lassitude de la journée. Ton parfum un peu effacé, ton odeur musquée, salée. Corps à corps habillé, étreinte tendre, pour se retrouver...

Plus tard, après le repas, la détente de la soirée, les corps déshabillés, lavés, mis à l'aise, on s'apaise et on se cherche. Envie de se parler à peu de mots, de se sentir par tous les pores. Ton corps, ta peau : ambrée, de la chair, du bon pain. Envie de la sentir, de la flairer, comme un petit animal. La sentir vibrer, se reposer douce, frémir animée, s'exciter d'être touchée. Odeur de ton désir qui naît, qui vient, qui monte... Effluve de musc et de femme, de mon désir fluide, qui palpite en sa source...
Envie de s'enfoncer dans la nuit et ses parfums...


mercredi 10 novembre 2010

Lady Chatterley

Une bonne raison de regarder la télévision ces jours-ci* : Arte, pour fêter ses vingts ans, diffuse en deux épisodes "Lady Chatterley et l'homme des bois" : film superbe sur une sensualité qui (se) libère...

C'est la fête d'Arte, la fête des sens alors !


(*Demain soir, 20 h 40, 2e partie. Rediffusion samedi 20 novembre à 1 h 15.)

mercredi 3 novembre 2010

Morte saison


Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la vie sexuelle d'une femme mariée...

Il y a des périodes où ça se résume à :

Ou à peu près.

Un désert à traverser. Aride.

Chaud, mais les nuits sont froides.

Mon corps a mal partout, de l'absence de tes caresses. Soif de cette rivière fluide qui coule de la danse de nos corps.

Toujours faire face. Ne pas s'ensabler. Avancer.

Toujours prendre l'initiative, te toucher, venir te chercher pour que les gestes reviennent.

Soif de ta tendresse. Fatiguée de ta fatigue.

(Presque honte de ce désir... )

Tu poses les mains sur moi, et déjà je revis, tu m'irrigues.

Envie de toi. Envie de ton envie.

Envie que tu me voies, que tu me dragues, que tu me désires. Doucement. Fougueusement. Violemment. (Pas une once de violence en toi, en moi, mais c'est l'idée...)


Je sais que c'est un tunnel, qu'on le traversera.

Déjà les premiers rayons de la lumière nous arrivent, parfois.

Je les vois, je les bois.



Mais enfin, quel monde on vit, de nos jours, c'est pas humain : quelle idée a-t-on, de faire des tunnels aussi longs ?



dimanche 17 octobre 2010

Ecoute

Etre à l'écoute, de tes mots, de tes pensées, de ce que tu dis, de ce que tu vis.

Ecouter ta voix. Et remarquer, soudain ou peu à peu, que son intonation change, imperceptiblement mais je l'entends : elle se fait douceur, elle se murmure tendre, elle me séduit, invitante, rieuse, cajoleuse, interrogative.

Viens ! dit-elle, elle ne le dit pas mais je l'entends bien. Mes antennes se dressent. Tu le sais, tu en joues ou t'en inquiètes : tu veux ? dit-elle, tu veux, dis, jouer avec moi ? réponds-moi... Elle ne le dit pas en mots, mais les mots sont prétexte, le son de ta voix raconte une autre histoire, que celle de ce questionnement qui me cherche...

Je fais celle qui n'entend pas, tout d'abord, je parle à ta tête : je réponds en mots à tes mots. Mais les miens prennent un double sens, s'amusent à être ambigüs, ou font des lapsus, et me trahissent. Mon rire te le confirme. Tu souris, tes yeux rient. Tu sais que je t'ai capté. Tu sais que tu m'as captée ! Ou captivée, ou capturée ? Sait-on jamais.

Les sens en éveil, j'entends alors d'autres sons : le bruit soyeux de tes mouvements quand tu t'approches. Tes mains qui glissent dans mes cheveux, sur mes vêtements. Tes doigts qui se faufilent dessous, sur ma peau, palpent, agrippent, touchent, caressent... Et encore, et encore... S'y mêlent baisers, et mes mains, qui te caressent... Et puis le bruissement sourd de nos mouvements, de nos effusions...

Me vient alors, peu à peu, l'écho de nos soupirs, de nos gémissements : ça vient de l'intérieur, ça prend source en notre désir, en notre plaisir qui grandit, qui se vit, qui se dit, qui se lâche. Nos corps font percussion, au rythme de notre danse, de ses pas de deux... Nos souffles se mêlent, se syncopent, se retrouvent... Et puis ils s'étirent, en un long cri rauque, échappé à la nuit.


C'est l'heure où tout est silence... Nous l'avons rompu.

Et nos corps, rompus, y retournent...


samedi 2 octobre 2010

Toucher

Ton regard me touche

Et tu sais qu'il fait mouche

Quand tu me regardes comme ça

Tu sais que je ne résiste pas

Car tes yeux ont invité les mains

A une caresse sans fin

A une danse sur ma peau

Qui me fait plonger sous l'eau

Sirène au corps soyeux

Je n'y vois plus que du bleu

N'arrête pas de me caresser

N'arrête pas de me toucher

Je flotte et j'ondule

Princesse, libellule

Tes mains glissent et dansent

Et plus rien en moi ne pense

Je ne suis plus qu'un corps qui vit

Qui largue les amarres, et qui crie !