dimanche 14 juin 2009

Matinale


Le matin, à travers les volets, adoucit la pénombre, et sa lumière filtrée laisse voir la chambre en tons gris, bruns et sépia.
J'entends la vie au dehors, qui s'éveille peu à peu.
Tu dors. Je te regarde dormir, et j'aime ça. Ton visage est vraiment lui-même, détendu, les traits relâchés. Tes lèvres charnues, que je vois en brun-rose, me rappellent les plaisirs d'il y a quelques heures...
Il fait chaud et nous sommes restés découverts. Je vois ta peau entre gris et sépia, ton corps presque immobile, qui frémit légèrement au rythme de ta respiration. Bonheur de vivre en été...

Je vais me lever sans bruit, descendre et ouvrir en grand, pour goûter la pleine lumière, le soleil de juin.

mardi 9 juin 2009

Tendresse


C'est la main qui se courbe et s'offre en creux, ronde et se pose, pétale rose...

C'est la nuque lasse qui se tend, pour une caresse qui masse et détend...

Ce sont les bras qui entourent et enveloppent, câlin rond et plein...

Ce sont les doigts qui se cherchent et se trouvent, les gestes qui disent sans mots...

Ce sont les corps qui se lovent, et qui s'emboîtent et qui s'épousent,

C'est ma peau qui touche ta peau, pour lui chuchoter son amour...

C'est ton odeur que je respire et qui m'enivre, ta chaleur où je m'abandonne, où je noie les frissons du jour, pour m'enfoncer dans la nuit...



vendredi 5 juin 2009

Des... moi, des émois

Déshabillez-moi...

Déballez-moi
Débauchez-moi
Débloquez-moi
Déboussolez-moi
Déboutonnez-moi
Débridez-moi
Débrouillez-moi
Débusquez-moi
Décadenassez-moi
Déchaussez-moi
Déchaînez-moi
Décidez-moi
Décloisonnez-moi
Décodez-moi
Décoincez-moi
Décomplexez-moi
Déconcertez-moi
Décortiquez-moi
Découvrez-moi
Décrispez-moi
Déculottez-moi
Déculpabilisez-moi
Décuplez-moi
Dédoublez-moi
Dédramatisez-moi
Déflorez-moi
Défoulez-moi
Dégrafez-moi
Déguisez-moi
Déhanchez-moi
Délacez-moi
Délassez-moi
Déliez-moi
Délivrez-moi
Demandez-moi
Démontrez-moi
Démystifiez-moi
Dénaturez-moi
Dénudez-moi
Dépassez-moi
Dérobez-moi
Déroutez-moi
Désarmez-moi
Désirez-moi
Désorientez-moi
Dessinez-moi
Déstabilisez-moi
Détendez-moi
Détournez-moi
Déverrouillez-moi
Dévêtez-moi
Devinez-moi
Dévoilez-moi
Dévorez-moi
Dévoyez-moi !..



« Madame ? »

La vendeuse de la boutique me réveille de mes rêvasseries fantasmalphabérotiques...

« Vous désirez ?
Euh... Oui !.. »

lundi 1 juin 2009

Petit bout

Il n'y avait pas encore eu de première fois. Pour moi. Pour toi ce n'était pas pareil, tu savais faire, enfin tu avais déjà fait. Cela te donnait une sacrée responsabilité ! En tout cas à tes yeux. Une sacrée frousse oui. Pas pour moi, j'avais confiance, je n'avais pas peur. Simplement, je n'étais pas encore tout à fait prête, j'attendais d'en avoir envie dans mon corps. Les baisers, la tendresse, c'était déjà tout un monde pour moi, pendant quelque temps cela m'a suffi, cela comblait mes désirs...

Toi, naturellement tu avais envie d'autre chose, d'aller plus loin...

« Aller plus loin avec quelqu'un, c'est souvent aller plus près! »*

Cette ignorance que j'avais, cette virginité, il y a des hommes que cela fait fantasmer, mais toi, non, ça t'embarrassait bien : tu ne savais pas comment t'y prendre. Tu aurais préféré que je sache ! Tu n'osais pas, tu avais peur de me brusquer, et tu n'avais pas le coeur à ça, mais alors pas du tout.

Alors on a attendu... que cela vienne, doucement.

On a franchi des étapes, douces, tendres, sensuelles, fébriles, de caresse en frémissement, les doigts qui s'enhardissent... Les tiens, les miens, qui vont plus loin, qui s'infiltrent sous les vêtements, entre les plis... La surprise du plaisir que cela procure, qu'on y découvre...

J'imagine ce que tu devais soupirer de m'attendre, de mes gestes qui restaient timides...

Un jour, nous étions encore habillés et sages, corps sages mais coeurs en chamade, en tambour, lèvres en feu, éperdus de baisers et de contacts... tu m'as demandé si je voudrais, dis, si je voulais bien que tu viennes un peu en moi, « juste le petit bout »...

Je n'arrive plus à me souvenir, je ne sais plus ce qui s'est passé à ce moment-là, si nous avons été surpris, interrompus, ou si j'ai esquivé, mais je sais que nous ne l'avons pas fait cette fois-là. Pourquoi, je ne sais plus. Peut-être parce que je ne comprenais pas qu'on puisse le faire un peu, à moitié, « juste le petit bout »...

Un peu plus tard, le jour où nous l'avons fait vraiment, c'était une nuit d'ailleurs, j'en avais envie et nous étions libres, dans ma chambre, sans risque d'être dérangés, sans entrave et sans gêne. Nous l'avons fait complètement, et... avec plaisir ! J'en ai été surprise, heureuse, ravie : pas de douleur, et du plaisir, dès la première fois ! Fugace, fugitif, un peu malhabile, mais ce plaisir vif et réel était une promesse de sensations extraordinaires !

La promesse a tenu, et continue de m'émerveiller...

Bien des années après, en mes moments de désir, il m'arrive de repenser avec trouble et gourmandise à ce « petit bout » : la page est tournée, la vie a roulé, nous chacun de notre côté... Mais je me demande : ce jour-là, si j'avais dit oui au « petit bout », jusqu'où serait-il allé ?..


dimanche 24 mai 2009

Peut-être

Peut-être que pour un ancien amour, d'il y a longtemps, ou un amant d'un soir, dont on a presque oublié le nom, ou même un amant non vécu, juste rêvé, dont on a croisé le regard qui en disait long, ou encore un complice d'un moment ou d'une période, perdus de vue par la vie (et la vie est parfois dégueulasse, quoi qu'on dise), peut-être que pour ces partenaires de vie ou d'imaginaire, d'amour fini ou à peine esquissé, on peut garder, vraiment, une infinie tendresse, une indulgence totale, sans parasites ni regrets ni comptage, une tendresse gratuite et sans nom.

Peut-être qu'alors, avancer ne fait pas peur.

Bonjour tendresse.

Jalousie

C'est quoi cette fichue jalousie ?

Jalouse, je pourrais l'être si tu m'évinces, si tu m'ignores quand j'ai envie de toi, si tu m'oublies quand je pense à toi. Oui, si on veut. Et encore... J'ai la patience tenace !

Mais que tu me racontes ton plaisir...
Que tu me relates tes désirs, tes fantasmes et tes ombres même...
Que tu tables sur la confiance, car je ne te possède pas...
Tu me fais complice et confidente, et je te vois ému, excité, exalté, attendri ou émerveillé : j'adore !

Tu n'es pas jaloux ? Un peu, si ?
Je trouve ça attendrissant... Mais assez vite, fatigant et pesant.
Je n'ai pas que toi dans ma vie ?
Et bien, non : comment serait-ce possible ?
J'ai des émotions multiples dans ma vie.
Mais ce que je vis ailleurs ne t'enlève rien : ce qu'on vit ensemble est irremplaçable, tu sais. Tu ES irremplaçable.

C'est quoi cette fichue jalousie ?


« Que devient ton poing quand tu tends les doigts ? » (Miossec)

Dessus dessous

Toi, la lingerie tu dis que tu t'en fiches, que ce qui compte c'est ce qu'il y a dedans...

Moi, ça me convient bien, souvent : pantalon-pull, allure sage, dessous coton, frileux molleton. Et sous la couette la chaleur, pyjama puis peau à peau.

Mais parfois, non. Femme gentille, compagne tendre... mais pas seulement.

Je me sens aussi femme-femme-femme... Et je veux te le montrer.

Pas femme fatale pour deux sous, pas vamp ni strip-teaseuse ni comédienne du tout, et pourtant je veux te vamper, jouer de mon corps, te charmer, t'allumer, t'affoler...

Te faire de l'effet.

Ça m'en fait aussi, évidemment. Incroyablement.


Un petit haut qui s'ouvre devant, cintré moulant, soyeux, où se devinent, se dessinent les seins et la taille... Une jupe pas bien longue, qui épouse les formes, les hanches, les fesses.

Tu es là, tu m'observes, je vois ton regard amusé, qui se demande où je veux en venir : laisse faire !

Je passe la main dans mon décolleté, je caresse le haut des seins, je soupire. J'aime le moment qui commence...

J'ouvre les boutons un à un, et l'échancrure du corsage devient fente longue et large, puis fenêtre béante... Caresse sur l'épaule, le tissu glisse et une manche tombe, puis l'autre. Les épaules sont nues, le décolleté palpite, les seins s'offrent dans leur corolle de dentelle, deux bretelles et leurs petites corbeilles de satin et soie... Je descends la main, caressante, du cou à la naissance des seins, les soupèse doucement. Des deux mains je les palpe, presse les tétons, tu veux mieux voir... Je glisse une main derrière et les libère, la dentelle tombe à terre. Les seins ne tombent pas ! Ils se dressent fièrement, un dans chaque main je te les présente, tu les respires, les pétris, les embrasses longuement... Tes mains s'aventurent plus bas, se faufilent sous la jupe. Je m'écarte un peu de toi, je te montre encore : si je me cambre, les courbes sont plus courbes, et si j'ondule, j'en frémis, et toi aussi... Mes mains dessinent les contours, taille et hanches, et puis font ce que tu attends, dégrafent la jupe en un mouvement, elle me quitte en un bruit soyeux. Tu ne vois plus qu'un triangle de tissu ajouré, et les bas qui font belles les jambes, et si douces à toucher...

Je te sens ému... et le mot est faible !

Tu murmures « mm, j'adore ! »

J'allais le dire...

Le triangle te fascine, je le vois dans tes yeux, et j'aime te le montrer. Tu caresses les jambes de soie noire, ourlées de dentelle en haut des cuisses... Tu regardes le pubis... Mais là tu ne touches pas, non, pas tout de suite, tu me regardes onduler, caresser, glisser la main sur et sous le tissu du string... Mes doigts descendent encore, j'en frissonne et c'est si bon, j'en ai tellement envie... Quand ma main atteint mon bouton sensible, puis entre les lèvres la fente si humide, qu'elle y glisse un doigt, elle en est surprise elle-même, je ne peux retenir un cri !

Il faut que tu voies, que tu sentes cela, c'est si mouillé et si doux...

Tu m'aides et j'enlève la culotte, tu veux voir et sentir, y plonger aussi... Attends que je te montre : j'écarte les plis, tu aimes les voir s'ouvrir, et que la vulve s'offre, brillante et trempée de désir...


Viens ! et me combles de plaisir...