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21 05 2009 :
Enfin... ça me fait moins sourire quand je lis ça :
un rapport dénonce des décennies de violence et d'abus sexuels envers les enfants dans les institutions de l'Eglise catholique en Irlande.
Salauds ! Triste monde...
Combien de temps peut-on vivre sans désir ? Sans plaisir sans ivresse, sans rêve ni fantasme, sans « petite mort », sans même en avoir envie : n'est-ce pas une petite mort, déjà, une vie sans vie ?
Il y a des moments comme ça, le corps en hiver... C'est comme un brouillard ouaté, une ombre qui nous suit, un halo de vide qui nous entoure.
Je ne parle pas de ces périodes exaltées, occupées, où l'action et la fatigue nous terrassent. Ou le souci. Ou la maladie. Ou la douleur, la peine. Ou la passion, quelque chose qui nous dépasse...
Mais de ces léthargies sourdes, sournoises, sans rime ni raison. Ou dont les raisons s'égarent... Vaines, futiles, négligées peut-être.
On vit pourtant. Assez bien. On fait ce qu'il faut, quand il faut. Le corps suit, on ne le sent pas trop. Il est au ralenti, juste utile, ne se fait pas trop remarquer. Ou il ne grince qu'un petit peu, à bas bruit. Docile, il s'adapte.
Quelquefois cela vaut peut-être mieux. Les sensations s'anesthésient, les bonnes comme les mauvaises. Cela peut durer longtemps. Ça passera. Tout passe.
Ce n'est peut-être qu'une histoire d'hormones... Allez savoir ! (Mais qui les commande ?)
Ne pas se poser trop de questions. Attendre que le temps passe. Il passe toujours.
Et cela revient.
C'est blotti, enfoui, engourdi, mais ça se réveille toujours.
Ça ne dure jamais bien longtemps avec moi. Avec toi. Tu sais y faire !.. Même quand je crois avoir tout oublié, tu me réveilles, tu me guides un peu, et tout me revient.
Les sensations. Les fluides. Des vannes s'ouvrent, tout circule. Ça vit et ça palpite, ça frémit, ça bouillonne. Ça vient de je ne sais où, et ça envahit tout, de l'intérieur à la moindre parcelle de peau, de muqueuse gorgée de jus, de vie : de désir !
Je revis. Bonheur de sentir son corps vivant...
Corps à corps. Bouche-à-bouche. Nos lèvres se cherchent et se trouvent, s'éveillent à se toucher, se gourmandent de plaisir... Elles se mêlent et se fondent, en un baiser long, profond, qui donne le vertige, fait perdre le fil de la réalité.
Tu es nu et j'aime te toucher, partout : tête et cou, dos, torse... J'aime ton corps. Je sens tes mains qui me découvrent, m'effeuillent, me dénudent. Frissons. Tu me touches et me parcours, tu m'habilles de caresses, c'est la plus belle des parures, couverture de tendresse... Sensations. Parfois nos mains se rencontrent un instant et se prennent, se serrent en une brève étreinte. Mon coeur bat plus vite, et fort : ce geste sans mots vaut mille « je t'aime »... Emotion.
Je me colle à ton corps, me love dans ta chaleur. Et de baiser en caresse, nos gestes se fondent et s'enchaînent... Chacun des tiens est une réponse à l'attente de mon corps, il me semble que tu me devines, que tu sens mes désirs en même temps que moi. J'ondule sous tes caresses, étonnement toujours renouvelé de leur douceur, de leur effet. Je ne pense plus, ne suis plus que sensation, mode cinq sens activé... Je respire ton corps et ta peau, je suis avide de ton contact et je capte en mes mains la réalité de ton corps, en caresses émerveillées. Elles t'explorent partout, rencontrant tes creux et bosses, bosses surtout, désir qui me trouble...
De caresse en mouvement, membres qui se mêlent et courbes des corps qui s'enroulent l'un à l'autre... nous arrivons au bord du lit. Invitant. Nous y plongeons. Et soudain, sans savoir vraiment comment ni pourquoi, nous voici à l'envers, inversés, vis à vis, vice versa, tête bêche, tête à queue pour tout dire.
C'est que... l'intérieur de tes jambes est si tentant, dressé, tendu vers moi. Et l'intérieur de mes jambes, s'ouvrant, ayant envie de s'offrir à ta vue, à ton visage, à tes mains, à ta bouche...
Alors je prends le temps, je respire et contemple, caresse et prends en main ce membre palpitant...
Tu écartes plis et soie, tu y inspires et t'enivres...
Et je suce ce litchie gourmand, gland satin, et sa naissance sensible et sa tige gorgée de vie...
Et tu lèches cette fente humide, abricot juteux, mangue parfumée, tu me lappes et me bois...
Arrêtez la course du monde, je ne vis plus que pour cet instant.
4 2009